Le Renouveau


Le renouveau se produisit au début des années 1980, à l'initiative de Sylvain Roman puis de l'association « Renouveau campanaire provençal », dans des circonstances originales qu'il serait trop long de raconter ici.

Signalons simplement que le carillon de Forcalquier, grâce à son clavier manuel permettant le jeu traditionnel « à coups de poings », est le seul de toute la Provence à être reconnu par la Guilde des Carillonneurs de France. Seul en effet ce jeu donne au son des cloches toute leur musicalité (qu'étouffe complètement l'électrification des mécaniques), et par conséquent permet à l'art campanaire d'atteindre sa pleine dimension.

Les cloches de la Citadelle rythment musicalement l'année forcalquiérenne. On les entend pour les principales fêtes civiles et religieuses, les événements importants, et désormais tous les dimanches à midi, ainsi que, de plus en plus, les jours du marché.

Véritable blason sonore de notre ville, il rythme ainsi l'année forcalquiérenne, et voit des foules de plus en plus nombreuses monter à la Citadelle, non seulement pour mieux l'entendre (et aucun autre carillon ne s'entend déjà d'aussi loin, perchés qu'ils sont ordinairement dans des clochers ou des beffrois, où les bruits de la circulation couvrent très vite le son des cloches), mais aussi pour voir cette chose qu'on ne voit dans aucun autre carillon au monde : un carillonneur en train de jouer.

Par ailleurs, son répertoire se consacre essentiellement à l'interprétation des musiques traditionnelles de Provence et des pays d'oc, formant souvent des thèmes d'improvisations, alors que les autres carillons jouent un peu de tout.

Une autre originalité le distingue : il a repris en 1982 (et recommence cette année après une période d'interruption) les sonneries du Nadalet (autrement dit « Petit Noël »). Cette très ancienne coutume, commune à l'ensemble de l'Occitanie (et bien attestée également en Catalogne et dans d'autres régions d'Espagne), se pratiquait encore en Haute Provence au début du siècle dernier, sous le nom d'Antiennes de la neuvaine de Noël. (Les anciens les appellent encore aujourd'hui à Forcalquier Les « O » de la Vierge, car on chantait ensuite à l'église, après leur appel, des litanies latines commençant par ce « O » exclamatif.) Sorte de compte à rebours carillonnant l'approche calendale, le Nadalet retentit chaque jour du 17 au 24 décembre.













La « une » du livret de quelques Nadalets passés
(contenant le programme détaillé, des explications sur le programme choisi,
et les nouvelles de l'année carillonnée forcalquiérenne).